Les JMJ de Paris - une finale ardue (94)


 Je ne me rappelle bien évidemment pas de façon précise du contenu des messages du charismatique et passionné Jean-Paul II, mais il nous donnait certainement, comme toujours, le goût de Dieu et de la pratique concrète de la foi au quotidien. Le thème: «Où demeures-tu, Seigneur? Venez et voyez.» se développait clairement en une invitation à la rencontre personnelle et marquante avec le Christ. Au-delà de nos différentes façons de célébrer et de prier: une personne commune à tous, Jésus, le Ressuscité qui nous entraîne à sa suite et dont nous acceptons d'être disciples, même quand la marche est exigeante. Un moment fort à souligner, au Champ de mars, l'annonce de la prochaine canonisation d'une jeune sainte appréciée universellement, Thérèse de la Sainte Face de l'Enfant-Jésus. Les détecteurs sismiques de France ont dû réagir à l'explosion de joie qui n'en finissait plus de s'exprimer comme une immense vague dans la foule dépassant le million. J'en ai encore les larmes aux yeux. Un merveilleux cadeau à recevoir à l'occasion de cette rencontre internationale de jeunes..

Un petit mot sur les repas, fournis avec notre inscription. Vous connaissez le fameux jambon de Paris? Cela fut notre menu pendant toute la semaine. Bien scellé sous vide dans sa forme 'industrielle', nous le mangions quand même avec appétit et reconnaissance; avec du bon pain frais. On nous indiquait où serait notre poste de distribution (qui changeait souvent, et tant mieux, cela nous amenait à visiter un peu Paris. Nous avions assez de temps libre pour p.ex. aller au sommet de la Tour Eiffel, faire les boutiques sur les Champs-Élysées, prendre un rafraîchissement, traverser l'Arc de Triomphe, aller contempler le jardin du Luxembourg, nous émerveiller devant les immenses carrefours giratoires qui nous donnent le tournis, etc. Et que dire de notre visite de la chapelle des apparitions de Marie, sur la rue du Bac (voir l'histoire de Sainte Louise de Marillac et de la fameuse 'médaille miraculeuse')? Nous y avons prié et laissé au tombeau de Sr Louise, toutes les intentions écrites par les paroissiens des huit communautés chrétiennes que je servais.

Durant la semaine, nous avons vécu différentes catéchèses dans de très belles églises parisiennes, dont une donnée par notre archevêque Jean-Claude Turcotte, avec la simplicité et l'humour qu'on lui connaissait, devant 3000 pèlerins! Il fut particulièrement heureux de venir rencontrer personnellement les jeunes de son diocèse. Éric C., de notre groupe, a eu le privilège de servir à l'autel, à cette occasion. Autre fait remarquable: tel qu'entendu, le réseau de télévision RDI a interviewé Mgr Turcotte, ce soir-là, et a ensuite suivi notre groupe pendant quelques jours, grâce à Yan, un de nos anciens de Jeunesse-à-Coeur l'Assomption, qui travaillait à cette station canadienne comme stagiaire monteur-vidéo et avait organisé cela (sur la photo, Mgr Turcotte est interviewé par un journaliste de RDI, lors de sa catéchèse à Paris).


Je m'en voudrais de ne pas vous parler de l'une de nos découvertes. On nous avait parlé de la possibilité de voir de nombreux excréments de chiens dans les rues (ce ne fut pas le cas!) mais jamais on nous avait mentionné la présence de cet objet inusité (au moins pour nous...), présent partout, pour les humains, souvent en plein milieu des larges trottoirs, bondés pour l'événement: les 'uri-trottoirs'! (voir un exemple au bas de l'article). Il s'agit d'urinoirs en plein air. Hé oui. Trois hommes pouvaient y prendre place en même temps, se voyant la tête... Je m'étais juré ne jamais les utiliser, mais la nature a voulu autrement. Franchement intimidant...mais si pratique, je vous le confirme!

La finale des JMJ, je dois le dire, ne fut pas à la hauteur de nos rêves. Les conditions physiques à Longchamp (vaste hippodrome au sud-ouest du bois de Boulogne à Paris) se sont avérées intenables pour nous, malgré notre bonne volonté. La chaleur ne lâchait pas et il y avait trop de gens dans pas assez d'espace. Se rendre aux fameuses toilettes bleues ressemblait à une course à obstacles sur les minuscules trottoirs de plastique aménagés pour l'occasion (nous-mêmes nous sommes fait écraser des doigts dans notre minuscule espace où nous ne pouvions que rester assis, et là on parle d'une soirée suivie d'une nuit de prière et d'une messe en matinée -et on sait que les messes papales n'ont pas la réputation d'être brèves), et l'attente pouvait durer très longtemps avant de réussir à utiliser l'une d'elles. Les files ne cessaient de s'allonger. Honnêtement, nous pouvions tellement mieux vivre l'événement et voir/entendre le pape...à la télé... Mais il manquait l'ambiance. Il faut dire que nous l'avions déjà vécue, cette atmosphère électrisante, à satiété, et que la fatigue gagnait sensiblement du terrain tandis que la tolérance, la résilience et la patience en perdaient, elles. Qu'à cela ne tienne, il faut regarder le portrait d'ensemble, et quelle aventure extraordinaire ce fut pour tous. Nous sommes revenus enrichis de notre expérience dans tous ses aspects.

Le vol de retour: Air France avait fait du 'surbooking' (ou 'surréservation'), une pratique légale connue. Arrivé à l'enregistrement de mes bagages, on me dit qu'il n'y a plus de place après mon inscription, que l'avion est plein, et que donc les trois jeunes de mon groupe qui attendaient derrière moi, partiraient seulement le lendemain. D'abord, pas question que je parte en laissant de mes jeunes derrière moi, seuls jusqu'au lendemain; ensuite, certains commençaient leur CEGEP ces jours-là,  sans compter que leurs parents les attendaient avec impatience! Décontenancé, je fis appel au Père Côté, jésuite, l'un des responsables diocésains (et voyageur devant l'Éternel!) qui se trouvait tout près. La compagnie, devant sa prestance, son autorité et ses solides arguments, a fini par offrir ceci (qu'on ne nous offre jamais spontanément, et pourtant...): nous surclasser, puisqu'il y avait des sièges libres en classe affaires. Quelques-uns d'entre nous purent donc traverser l'Atlantique quasi en 1ère classe, s.v.p. Providence, quand tu nous tiens!

Revenus au Québec, ce fut une joie de raconter à tous notre pèlerinage, dans nos familles, nos paroisses, dans certaines classes, avec la complicité des animatrices de pastorale ou des profs de religion. Hélène a été invitée à partager son expérience devant le Conseil diocésain de pastorale, à l'archevêché de Montréal, sans oublier la participation de Christian à l'émission «Le Jour du Seigneur», le dimanche suivant notre retour à la maison.

Trois ans plus tard, certains d'entre nous -et d'autres participants s'ajoutant- repartions outre-Atlantique pour les JMJ de Rome, à la François d'Assise. On s'en reparle éventuellement. 

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Prochain article, le 11 avril: Des invités spéciaux à la pasto-jeunesse 

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Ci-bas: un exemple du fameux 'uri-trottoir'. Bien utile, il faut le dire!



 

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