Les Journées Mondiales de la Jeunesse - 1ère partie (91)


Je me rappelle avoir entendu parler des Journées Mondiales de la Jeunesse par mon ami prêtre, Réal, qui avait vécu celles de Denver. Une de nos jeunes aussi, membre de Jeunesse-à-Coeur de l'Assomption et de la famille Myriam-Bethléem, avait participé. Le souvenir que j'en gardais...quelque chose d'assez exigeant, éprouvant, même,...des conditions de vie et de sommeil pas faciles...etc. 

Mais quand il a été annoncé que les prochaines Journées Mondiales, celles de 1997, auraient lieu à Paris, comme j'étais en pastorale-jeunesse à temps plein, et que je n'avais pas encore quarante ans...je me disais que l'occasion s'avérait trop belle pour la rater. Mon principe vital: la vie en 3D. Défis, dépassement de soi et découvertes. Les JMJ répondaient clairement à ces trois critères. Et quel beau thème, tiré directement de la Parole de Dieu (en Jean 1, 38-39): «Maître, où demeures-tu? -Venez et voyez.» Une invitation au déplacement non seulement géographique mais intérieur; une démarche de tout l'être, corps et âme.

Je proposai l'idée aux jeunes, et quelques-uns se montrèrent vivement intéressés. Instituées par le pape Jean-Paul II autour de 1985, les JMJ se vivaient annuellement au diocésain, le dimanche des Rameaux (maintenant cela se vit au Christ-Roi, en novembre) et, aux deux ans, à l'international (dorénavant aux trois ans) permettant ainsi aux jeunes catholiques de partout de se rassembler pour célébrer leur foi autour de notre chef spirituel. Et on sait que ce pape avait un charisme exceptionnel. Les jeunes l'aimaient comme on apprécie un grand-père. Sa chaleur, sa spontanéité et sa passion pour Dieu touchaient les coeurs, bien au-delà des discours. Il avait une présence rayonnante. Une vie complètement donnée; tout un témoin. Comme le chantait Céline Dion au stade olympique lors de la visite du pape chez-nous en 1984: 'une colombe...partie en voyage...pour faire chanter partout sur son passage, la paix, l'amour et l'amitié, la paix, l'amour, la vérité (...)'

Nous voilà donc à organiser cette aventure (moins de deux ans après l'organisation du séjour au Nicaragua). Pour ce faire, nous nous sommes joints au groupe du diocèse de Montréal. Cela supposa pour moi, et l'autre adulte-responsable, plusieurs réunions à l'archevêché, mais j'avais l'énergie de cet âge, et tellement envie de mener à bien ce nouveau grand projet-jeunesse.

Soyons vrais, l'attrait des JMJ n'est pas que spirituel. L'idée d'un voyage en Europe (une première pour tous les participants de Mission-Jeunesse, et même un baptême de l'air pour plusieurs) séduisait d'emblée, votre humble serviteur en premier. Paris, ville-lumière! De quoi attirer JiPi, diraient nos ados avec un clin d'oeil.

Mais il fallait trouver les sous nécessaires. Pas donné, un voyage sur le vieux continent... Mais les jeunes adultes s'y étant inscrits savaient qu'il y aurait beaucoup de travail avant le départ. Tout le monde, et pas seulement ceux qui partaient, a mis la main à la pâte d'une façon très altruiste. Les communautés chrétiennes, les parents, tous les jeunes, nous avons vraiment assisté à une mobilisation étonnante pour nous permettre de vivre ce moment unique de notre histoire. 

En général, nous ramassions une douzaine de milliers de dollars pour le fonctionnement annuel de la pastorale de secteur. Si ma mémoire ne me trompe pas, nous avons recueilli environ ce montant pour le pèlerinage seul! (12000$ à cette époque, c'est environ 23000$ en monnaie d'aujourd'hui!!!). Mission-Jeunesse a vendu des pains, des suçons, des lampions avec notre logo, des calendriers, des cartes de coopérants, des chapelets sur cassette (narrés par les membres de la pasto eux-mêmes), et j'en passe. Nous avons aussi organisé des événements, comme un récital de chants religieux, animé par les jeunes et moi-même, pour arriver à notre objectif.

Nous avons donc pu partir, le groupe de huit ainsi que tous les autres participants de Montréal, le 12 août, je crois, pour une aventure incroyable jusqu'au 25, jour du retour (je me rappelle d'ailleurs que l'une d'entre nous entrait au CEGEP pour la première fois, à peine descendue de l'avion!). 

Après cette première expérience, très agréable, de traversée de l'Atlantique, nous débarquons à Charles-de-Gaulle, le coeur rempli de joie, avec un peu d'anxiété devant l'inconnu, disons-le. J'ai dans un sac de cabine tous les documents photocopiés -passeports, inscriptions, accusés de réception des paiements, etc. Heureusement que je les ai avec moi. Parce que...nos bagages n'arrivent jamais sur le carrousel... Nos amis d'Air France les ont égarés et ne les trouvent plus! Une véritable   'chasse au trésor' commence alors. (à suivre)


Le chant-thème n'est pas en français dans la vidéo, mais je trouvais les images bien représentatives. Le voici tout de même en français, ci-bas (malgré l'image qui peut nous faire penser que c'est la version espagnole). Vous reconnaîtrez l'air d'un 'Agneau de Dieu' que nous avons souvent fait en paroisse.

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La semaine prochaine: les JMJ de Paris, la suite.

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