Invités spéciaux et rencontres intéressantes - Mgr Turcotte chez-nous (97)
Dans le cadre de la pastorale-jeunesse (dès 1987, avant le projet en secteur), nous avions eu le privilège de rencontrer plusieurs membres de communautés religieuses, comme les Soeurs de la Providence, les Missionnaires de l'Immaculée-Conception, les religieuses de la Congrégation Notre-Dame ou les Frères de la Charité, etc. pour des entretiens sur la vocation, la mission, l'oeuvre au nom de l'Évangile du Christ. Et comme nous participions à tous les événements-jeunesse offerts (au provincial ou au diocésain), nous avons eu le privilège d'entendre les abbés Christian Beaulieu (à un pèlerinage de jeunes à Ste-Anne-de-Beaupré) ou André Daigneault, ptre (Maison du Renouveau, dans Charlesbourg, où nous avions vécu l'événement de 'La nuit la plus longue', nuit blanche de prière/réflexion/théâtre/ateliers, témoignage d'une grande brûlée, etc, se terminant avec un immense feu de joie de la Saint Jean, aux petites heures du 24 juin), les deux ayant publié plusieurs ouvrages de spiritualité et travaillant principalement auprès des jeunes, surtout ceux en difficulté.
Plus tard, les participants de Mission-Jeunesse auront des contacts plus ou moins réguliers avec les curés et les diacres permanents des huit paroisses desservies. Quant à notre archevêque du temps, Mgr Jean-Claude Turcotte, nous le voyions de temps en temps, mais il n'était jamais venu sur notre 'terrain'. Les membres de Mission-Jeunesse eurent donc l'idée de l'inviter à une rencontre spéciale avec nous (ados, animateurs, parents). Et pas n'importe où chez-nous...dans la paroisse la plus lointaine de notre diocèse: Saint-Gérard-Majella. Après elle, et après Saint-Sulpice (plus au Sud), on entre dans le diocèse de Joliette.* Je ne me rappelle plus exactement comment cela s'est fait, peut-être lors d'une rencontre des prêtres avec lui, mais toujours est-il que je lui présentai la dite invitation écrite de la main même de nos participants qui lui demandaient l'honneur de sa présence dans notre coin de pays, dont il était le premier responsable ecclésial, après tout.** Il avait évidemment déjà été présent dans notre secteur pastoral, mais, selon son aveu, il n'avait effectivement jamais mis les pieds à Saint-Gérard (située au Nord-Est de l'Assomption). Il accepta avec joie la requête des jeunes. Je m'entendis avec son secrétaire pour une date (pas une mince affaire, croyez-moi...) et l'ensemble de notre organisation s'entendit pour une soirée spéciale avec lui.
Voilà donc que le 29 février de l'an de grâce 1996, Jean-Claude (prêtre depuis 36 ans, et il avait alors 59 ans) arriva à l'heure prévue (19:30) avec son chauffeur. Je l'attendais à l'extérieur du centre communautaire situé à un jet de pierre de la vénérable église SGM (et prêté gracieusement pour l'occasion par le maire Raynault). Sa première réaction, avec sa spontanéité et sa bonhommie habituelles: «C'est loin en jouâl vert, Saint-Gérard-Majella!» Effectivement. près de 60 km nous séparent de l'Archevêché; et, tout un contraste avec le centre-ville de Montréal, que cette magnifique région rurale d'agriculture et de fermes d'animaux.
À son entrée dans la salle bondée, éclatement d'applaudissements joyeux! Le bonheur de notre archevêque se voyait sur son visage. Dans cette mer d'ados qui l'entouraient, il semblait tellement à l'aise. Ayant souvent oeuvré auprès des jeunes, on le sentait dans son élément. Il n'en finissait plus de donner la main sur son passage vers le petit espace que nous avions aménagé sur le côté. Pas question de le faire monter sur le scène au fond de la salle. Nous le voulions près de nous.
Nous avions organisé un 'talk show' à la 'Cha-ba-da' -populaire à l'époque- dont je devenais l'animateur d'un soir, devant donc porter différents chapeaux comiques (comme celui avec des vaches, ouun autre avec des fleurs, une colombe de paix, ou une simple casquette palette à l'envers, etc. Le but de l'événement: dans une ambiance détendue, mieux connaître et apprécier le rôle de notre Grand Berger et lui présenter notre vécu. Durant deux heures, il nous a parlé de son enfance, sa vocation, sa mission à la tête du diocèse, sur ses principales réalisations, et son goût de toujours aider les autres, etc. De notre côté, chaque cellule-jeunesse (une dizaine ou plus, je ne me souviens plus exactement), sous la forme d'une annonce publicitaire connue, se présentait, ainsi que ses projets, avec humour sous forme de saynette, de rap, et autres. Les animatrices/animateurs, eux (portant chapeaux et déguisements), présentaient de façon originale et rigolotte nos nombreuses campagnes de financement. Des diapositives illustraient, par exemple, nos soirées de prière, les Évangiles vivants, la Semaine Sainte de l'année précédente, la Saint-Jean-Baptiste MJ, le pèlerinage-jeunesse annuel à Notre-Dame du Cap, la Marche 2/3, les projets-partage, et j'en passe! Nous sentions l'émerveillement de notre évêque devant tous nos accomplissements et le fait de l'engagement de tant de gens.
Répondant généreusement à toutes les questions présentées, cet homme simple et excellent communicateur, en profita aussi pour nous parler de son nouveau rôle de Cardinal, appelé plus que jamais à servir l'Église et à favoriser l'unité en celle-ci (il s'impliquait déjà dans la préparation du prochain Synode mondial des évêques, sans oublier notre synode diocésain 1995-1998 déjà en marche et auquel Mission-Jeunessse a participé -et où je fus votant délégué).
Pour conclure le tout, avant la bénédiction paternelle de Jean-Claude, nous lui avons fait entendre notre chanson-thème (nouvellement enregistrée par les jeunes, chanteurs/musiciens, et moi-même, au studio 13 de Radio-Canada, grâce à des ingénieurs du son, amis de notre animateur qui avait composé la pièce), puis avons chanté 'Notre Dieu est délivrance' pendant une magnifique gestuelle de notre cru. Enfin nous avons offert à notre archevêque un t-shirt arborant notre nouveau logo MJ conçu par un de nos jeunes membres.
Je vous laisse sur ces mots que Mgr Turcotte nous a adressés, ce soir-là: «Si quelque chose ne vous plait pas dans l'Église, changez-le. N'attendez pas qu'on le fasse pour vous; n'attendez pas que vos aînés le fassent à votre place: impliquez-vous, engagez-vous, prenez la place qui est la vôtre et persévérez. N'oubliez jamais que Jésus est votre ami et qu'il va vous aider à réaliser vos aspirations les plus profondes.»...dit celui qui prêchait si bien par son exemple! Et en quittant, il glissa ceci à l'une de nos animatrices: 'Lâchez pas!' Merci à vous, cher frère évêque! (décédé le 8 avril 2015 à l'âge de 78 ans)
*On dit que toute la partie de l'extrême Est du diocèse aurait normalement dû être intégrée dans le diocèse de Joliette lors de sa création en 1904 -où l'on morcelait le territoire de l'Église de Mtl, mais ne l'a pas été parce qu'on désirait garder l'Assomption, en raison du fameux Collège, à l'époque considéré comme une 'pépinière de vocations sacerdotales' et où plusieurs prêtres diocésains commençaient leur ministère. Mais pourquoi St-Gérard et St-Sulpice...? Mystère.
**Une quarantaine de jeunes de Mission-Jeunesse avait participé à une messe télévisée du Jour du Seigneur (R-C) le 18 décembre 1994, présidée par Mgr Turcotte à Saint-Gaétan, dans Ville St-Laurent. Ce qui avait peut-être contribué au désir des nôtres de le rencontrer de plus près.
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La semaine prochaine: Une page se tourne en Bolivie
