Enfants de Bolivie (98)

 Je ne me souviens plus précisément... L'ai-je rencontré pour la première fois dans une des paroisses où j'ai servi avant 2004? Très possible puisqu'il visitait le plus grand nombre de communautés chrétiennes pour demander leur soutien. Ou était-ce à Ste-Claire (2004-2005) durant ma formation pour devenir Coopérateur Salésien (vous savez à quel point me rejoingnent la spiritualité et la pédagogie de Don Bosco; je ne voulais pas vivre en communauté religieuse, mais m'associer à celle-ci, comme tous le peuvent). Peut-être que c'est surtout à Ste-Maria-Goretti, dans son patelin, où plusieurs personnes l'encourageaient généreusement. Toujours est-il qu'un jour, Yvon Sabourin, croisa ma route et je fus pris d'admiration pour lui et son oeuvre: « Enfants de Bolivie », directeur du Hogar de Niños Jesús Infante, à Vallegrande (Département Santa-Cruz). Je ne ferai pas sa biographie ici, mais je vous invite fortement à lire cet article à son sujet, en cliquant sur ce LIEN.

Le sympathique et souriant Yvon, nous a quittés pour la Maison du Père en janvier 2025, âgé de 84 ans, des suites d'un grave cancer qu'il a vécu avec courage et sérénité. Il a laissé sur cette planète une si belle trace. Tant de vies ont bénéficié de la sienne. Dans sa biographie vous découvrirez son parcours d'enseignant, qui, une fois à la retraite, à voulu concrétiser son rêve missionnaire -dans des terres lointaines (parce qu'il l'a été, chez-nous, porteur de mission: un éducateur hors-pair pour les enfants du primaire).

Son témoignage, que j'ai entendu tant de fois, me rejoignait toujours autant. On percevait amplement l'amour qu'il portait à 'ses enfants' d'Amérique du Sud, même si -et plus que jamais à cause de cela- la situation économique et le climat politique de la Bolivie se dégradaient de plus en plus.

Je vous en parle aujourd'hui parce que, malheureusement, après plus de 30 ans d'existence, l'organisme « Enfants de Bolivie » a fermé ses portes et déposé son bilan (et son site web) il y a deux jours, le 30 avril. Voyez, après mon article, les sept pages du dernier numéro du journal que nous recevions, en tant que bienfaitrices et bienfaiteurs de l'oeuvre. Nous sommes plusieurs à vivre un deuil. Mais il faut regarder ce qui a été fait durant ces trois décennies: colossal! Plusieurs existences ont été positivement changées à jamais. Plusieurs des enfants accueillis et aidés sont aujourd'hui diplômés universitaires et contribueront activement à bâtir leur société. On les a équipés, donné des 'outils', des balises pour la vie. Tant de jeunes ont appris un métier qui s'avérera tellement utile aussi au pays, sans compter -à la base- la puissance de construction mentale, psychologique, affective de se savoir aimé, précieux et irremplaçable. L'estime de soi découverte et développée à l'orphelinat, malgré la blessure de l'abandon ou du manque d'un ou deux parents, continuera à propulser tous les bénéficiaires vers un avenir meilleur. Sans oublier la foi en notre Dieu qui chérit inconditionnellement chacun de ses enfants, surtout les plus 'maganés'. Yvon fut justement pour ces jeunes le visage aimant et dynamisant de notre Seigneur se voulant si proche.(Lire particulièrement le témoignage sur la dernière photo ci-bas). Je souligne ici que plusieurs québécois, dont des paroissiens de Ste-Maria-Goretti/Ste-Germaine-Cousin, ont fait des séjours de quelques semaines à quelques mois en Bolivie, afin de contribuer sur le terrain à ce projet extraordinaire. Bravo! Au retour, on ressentait le bouleversement intérieur vécu chez ces bénévoles (le fondateur-directeur, comme tous les bénévoles, voyageaient à leurs frais pour ne jamais utiliser les fonds des bienfaiteurs; important de le dire).

Depuis mon premier stage en paroisse, il me tient à coeur de parrainer des familles et des enfants démunis. Cela fait partie de ma sensibilité profonde et, il ne faut jamais l'oublier, de la plus pure doctrine évangélique. Notre foi sans cette dimension devient -pardonnez-moi l'expression: du 'gnagna' religieux, nos liturgies, du mauvais théâtre... Jusqu'à ma rencontre avec Yvon, je passais par l'organisme 'L'AMIE' (cliquez pour découvrir) qui, en plus du parrainage/marrainage annuel (qui bénéficiait non seulement à l'enfant mais à tout l'entourage), offrait l'écolage (le financement des études des enfants). J'ai pu ainsi soutenir des familles d'Haïti et du Honduras, au fil des ans. Je n'ai pas eu d'enfants à moi, mais il y a bien des manières d'être 'féconds', n'est-ce pas? (Parmi les organismes caritatifs, nous n'oublions pas non plus Développement & Paix, fondé par des évêques canadiens; les occasions de faire le bien ne manquent vraiment pas.)

Puis, quand j'ai découvert le travail de M. Sabourin, j'ai ajouté à mes causes privilégiées celle d'Enfants de Bolivie. En plus de ses prises de parole aux messes, à au moins une occasion chaque année, j'avais invité Yvon à venir rencontrer personnellement notre groupe ADOS DE LA PAIX (Ste-Maria-Goretti/Ste-Germaine-Cousin). Avec enthousiasme, nous avons décidé de parrainer/marrainer collectivement un enfant, à la suite de cette soirée/conférence intimiste particulièrement enrichissante et touchante. Je crois au pouvoir de la conscientisation qui débouche sur des actions concrètes et non des voeux pieux.

Que le Seigneur bénisse notre ami, humble et fidèle serviteur entré définitivement dans la joie de son Seigneur, et suscite de nombreux missionnaires comme lui. Qu'il comblee et soutienne tous ses protégés qui continuent à grandir; prions aussi afin que le pays suscite d'aussi pertinentes solutions à la pauvreté matérielle et affective que vivent encore malheureusement tant de jeunes, en Amérique du Sud, et partout dans le monde. (N'oubliez pas de lire le dernier journal d'Enfants de Bolivie, ci-bas)

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La semaine prochaine: Nos jeunes au service d'autres jeunes.









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