Mission-Jeunesse 'Hors-les-murs' (99)



En pasto-jeunesse, nous avons vécu tant de moments enrichissants. Et nous ne la vivions pas en silo. Bien entendu, nous avions notre vie en petit ou grand groupe, nos camps, nos réunions hebdomadaires, nos fêtes, mais nous gardions une grande ouverture sur la communauté qui nous entourait. Cela se voulait une priorité, comme vous l'aurez compris par plusieurs exemples que j'ai déjà donnés et dans nos objectifs et notre structure même. Loin de nous l'idée de créer un 'ghetto' jeunesse. Comme vous le savez, nous faisions une grande place à nos aînés (nombreuses visites prenant diverses formes, inclusion dans certaines de nos activités...). Mais notre ouverture au monde ne s'arrêtait pas là. 

Étant de plus en plus connus dans le milieu scolaire et ecclésial, nous recevions diverses invitations, entre autres, des groupes de jeunes qui faisaient du théâtre spirituel ou du chant religieux. Je me souviens tout particulièrement (voir les affiches à la fin du texte) de la soirée Rock'n'Nonnes. À cette époque, les films du même nom faisaient fureur et un animateur de pastorale au secondaire eut l'idée de former un choeur de filles chantant du gospel, particulièrement les grands succès entendus dans les gros succès cinématographiques en question. Nous les avons reçues à l'école secondaire de l'Assomption (où l'agora et la scène  s'y prêtaient si bien); nous avons proposé au groupe de vivre une Eucharistie, par la même occasion, et ils acceptèrent avec joie. J'eus donc le bonheur d'offrir la messe, mémorable dans son allégress et sa dynamique, aux nombreuses personnes présentes (évidemment, cela avait été publicisé clairement qu'il y aurait une célébration). Certains curés trouvaient qu'il leur manquait des paroissiens, ce week-end-là... ;)

Un autre événement particulièrement interpellant: le 'Procès de Jésus'. Comme vous le lirez sur l'affiche, il s'agissait d'une troupe multidisciplinaire de plus de soixante jeunes (incluant la technique) -très talentueuse, d'ailleurs- qui, par la danse (troupe Sylvie Mainville), et le jeu théâtral nous faisait revivre les derniers moments de Jésus lors de son 'faux' procès devant les autorités civiles et religieuses. Une soirée inoubliable et vraiment touchante. Je pense qu'il y eut un retour là-dessus dans Mission-Jeunesse lors des réunions subséquentes.

Comme, dans les deux cas, nous recevions la 'visite spéciale', nos jeunes se chargeaient de l'accueil, de la remise des programmes, de la vente des billets à la porte lorsque nécessaire, et autres tâches afférentes (avant, pendant et après). Je demandais à l'archevêché de publiciser l'événement dans leurs médias, et j'invitais bien sûr les curés de mes huit paroisses (et les Conseils de pastorale) à mousser l'événement au prône (sans oublier les affiches placées un peu partout; à l'époque, plusieurs commerces du milieu acceptaient nos semainiers paroissiaux et nos affiches).

Nos jeunes, de leur côté, ont répondu généreusement 'Présent!' à diverses invitations. Combien de fois nos membres sont allés courageusement témoigner de leur foi et de leur vécu chrétien dans des classes du Primaire et même dans des soirées paroissiales familiales de préparation aux Sacrements. Plus encore, les intervenants des communautés chrétiennes du secteur nous demandaient assez régulièrement de contribuer directement à la formation sacramentelle des enfants: habituellement, cela se faisait lors d'une journée ou d'un week-end complet où nous leur faisions vivre différents activités en lien avec l'initiation chrétienne. Cela se déroulait généralement dans un sous-sol d'église, un gymnase d'école ou même un centre communautaire et avait comme effet secondaire très appréciable de permettre aux ados de Mission-Jeunesse d'approfondir leur propre vécu en lien avec le Pardon, l'Eucharistie et la Confirmation. Des parents et grands-parents nous appuyaient concrètement dans cela, nous aidaient dans la logistique et la discipline. De l'intergénérationnel à son meilleur, croyez-moi. 

Je me souviens avec bonheur d'une année où Mission-Jeunesse avait été sollicité pour offrir les voeux de nouvelle année à notre archevêque. En effet, chaque mois de janvier l'évêque du diocèse organise une rencontre où tous les acteurs de la pastorale (laïcs et clercs) sont invités pour un buffet et une bénédiction spéciale de notre épiscope (généralement dans un sous-sol d'église). Je présentais chaque invitation aux animateurs/animatrices de nos groupes qui, après avoir consulté leurs jeunes, me donnaient leur réponse. On manquait rarement une occasion de servir, avec notre couleur propre. Mgr Jean-Claude apprécia grandement la forme artistique et humoristique que nos jeunes adoptèrent pour le remercier et lui souhaiter le meilleur (ainsi qu'à tout le diocèse, bien entendu).

Un jour, nous fûmes approchés aussi pour l'animation d'une journée-récompense de l'Association des jeunes servants de messe (AJSM) du diocèse de Montréal. Je me rappelle avoir amené des enfants, après mon ordination diaconale, à cet événement qui se tenait alors à la Cathédrale. Plus tard, je me suis retrouvé dans ma première paroisse de stage, à Ville Saint-Laurent, avec Mission-Jeunesse et des dizaines d'enfants et ados venant des quatre coins du diocèse: musique (nous avions plusieurs instrumentistes dans nos rangs) et chant, jeux, ateliers, nous avons tout pris en charge avec les responsables diocésains. Un grand défi. Mais quel bonheur pour nous de participer à la joie des servants de messes, garçons et filles, réunis pour se faire dire de diverses manières 'Merci! Continuez! Nous avons besoin de vous!', faire connaissance, se détendre ensemble, se former davantage et prier aussi.

Connaissez-vous Lavaltrie? Les voisins de notre paroisse de Saint-Sulpice, dans le diocèse de Joliette. Chaque année se vivait la fameuse semaine du 'Festival de la Parole' dans l'église paroissiale, pour tout le diocèse. Quelqu'un avait entendu parler de nous et nous approcha pour l'animation du samedi. Nous avons accepté avec joie. Je ne me souviens plus des détails, mais je sais que Mission-Jeunesse s'est fait une joie de contribuer de différentes façons, avec les riches talents de nos jeunes, chacun faisant sa part, selon ses possibilités. Cela fut très apprécié de tous.

Vous avez saisi que tout cela demandait beaucoup de planification, de préparation, en communion avec les responsables paroissiaux -particulièrement les animatrices de pasto scolaire. Un travail à plein temps. Mais que de satisfaction profonde de bâtir ainsi l'Église et de construire en Église! Disciples-missionnaires chez-nous. Quelles années exaltantes!

PS Deux autres faits qu'il vaut la peine de souligner: des jeunes parmi les plus vieux de Mission-Jeunesse, souvent impliqués depuis les débuts à l'Asssomption, ont manifesté leur désir d'assumer à leur tour l'animation d'un groupe M-J. Tenant compte de leur expérience, de leur maturité, et puisqu'ils montraient de véritables qualités de leadership, nous les avons formés pour cette mission et ils ont servi avec générosité. Bravo!

L'autre fait remarquable, même si pas relié directement à M.-J.: quelques-uns de nos participants les plus engagés ont pris la décision personnelle de s'inscrire dans un groupe de bénévoles pour aller rendre service aux sinistrés de Saint-Jean-sur-Richelieu, lors de la terrible crise du verglas, en janvier 1998. Chapeau!

Faisons confiance à nos jeunes, particulièrement dans nos paroisses. Tendons-leur la main en bons mentors que nous pouvons être. Souvent, ils ne demandent pas mieux que de nous aider et d'exploiter leurs capacités pour les autres. Au nom de Dieu: soyons des facilitateurs.

____________________________

La semaine prochaine: les soirées mensuelles de prière





Messages les plus consultés de ce blogue

Pauvre papa! -2 (62)

Fils, voici ta mère (63)

La Maison des Jeunes (64)