Messages

L'examen de juridiction (52)

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 Le jour de son 64 e anniversaire, le 5 août 1988, mon père finalise, avec l'accord de ma mère, l’achat de son petit chalet dans Lanaudière. Beau petit coin de nature tranquille, il compte y venir le plus souvent possible. Mes parents possédaient déjà une humble maison à Montréal-Nord -ancien chalet que Roland avait rénové de peine et de misère- mais ils rêvaient d’avoir une humble propriété qui soit dans les montagnes, à prix raisonnable, leur budget s'avérant très limité. Pour moi, ce fut l’endroit idéal pour aller étudier. Et mon curé de stage fut vraiment accommodant en me donnant toute la liberté nécessaire pour ce faire. Mais, étudier…encore? Après deux ans de Grand Séminaire, deux baccalauréats (dont un en théologie), une scolarité de maîtrise en dogmatique… ça n’était pas encore assez? En fait, il me fallait maintenant revoir tout le contenu de mes études de la ‘science de Dieu’ afin de me préparer à l’examen de juridiction. Toutes les autres démarches accomplies aur...

Enfin l'ordination! Début du processus. (51)

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Ma réflexion se poursuivait toujours au sujet de ma demande d’ordination presbytérale. Un jour, ce fut clair dans ma tête et mon cœur. Cela demeure flou dans ma mémoire, mais je pense qu’une fois écoulés les six mois règlementaires entre l’ordination diaconale et celle de la prêtrise, je me sentis prêt intérieurement à aller de l’avant. La voix du Seigneur m’appelait à jeter mes filets et à avancer avec confiance en eaux profondes. Je ne suis pas certain de tout ce que cela demandait précisément comme étapes (on parle de 1988…), mais je me rappelle que j’en avais discuté, cela allait de soi, avec le curé Jean, mon directeur de stage, et mon conseiller spirituel, l’abbé Michel. J’ai eu leur bénédiction. Il me fallait alors écrire une lettre officielle à notre frère archevêque de Montréal de l’époque, Paul Grégoire, et attendre sa réponse. Je me rappelle aussi qu’il y avait eu une rencontre (sans ma présence) au presbytère de l’Assomption, convoquée par des représentants du Séminaire e...

Portrait de famille (50)

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  Dans le journal, on trouve surtout des articles sur ce qui fait le tissu de la vie des ados! On y parle, par exemple, du début et de la fin de l’année scolaire, de la relâche, de la Saint-Valentin, des vacances d’été, etc. On y lit même des critiques de films , de séries télévisées ou de spectacles, pas nécessairement en rapport avec la religion. Mais l’accent est surtout mis sur les événements-jeunesse que nous proposons: des camps, des visites et animations chez les personnes âgées, des pièces de théâtre (les nôtres ou celles d’autres groupes chrétiens), des eucharisties de Noël, des messes mensuelles d’adolescents, des soirées de prière, des activités festives, de la Montée pascale où on s’impliquait beaucoup (incluant le fameux ‘repas de la faim’ avec Jeunesse du Monde et le Chemin de Croix avec l’animateur du Collège de l’Assomption), des pèlerinages dans les grands sanctuaires ou monastères, des campagnes de financement (vente de produits-maison, bercethon, entre aut...

Des jeunes à 'la PA.JE.' (49)

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  Pourquoi un journal de la pastorale-jeunesse? Pour faire connaître et valoriser ce qui s’y vivait ainsi que celles et ceux qui y participaient activement. Voilà aussi une belle manière de découvrir et développer ses talents et compétences, tout en apprenant à travailler en équipe et à apprécier la complémentarité. De plus, cela constitue une belle mémoire d’un vécu ecclésial qu’on oublierait peut-être trop facilement, pourtant si édifiant et marquant. Pour écrire ces quelques articles, j’ai ressorti les exemplaires qu’il me reste et je suis profondément ému de constater la richesse de cette pasto auprès des ados. Moi-même, je ne me rappelais pas de tous ces événements dont nous parlent les responsables de la publication. J’aimerais pouvoir vous faire lire tout ça! Cela ne peut que provoquer l’émerveillement et l’action de grâces devant toute cette belle énergie déployée ainsi que, bien entendu, les bontés du Seigneur agissant dans sa communauté. Éventuellement, la technologie évo...

Avant les médias sociaux! (48)

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 La Providence sait faire. À mon arrivée à l’Assomption, à l’automne 1986, j’aperçois un ordinateur dans un petit bureau près du secrétariat. Mais je n’y touche surtout pas. À Ville Saint-Laurent, un jeune m’avait montré et expliqué son Commodore 64 à cassette, et j’avoue que je n’y comprenais rien. Et je me demandais si ça pouvait vraiment servir à quelque chose. Je voyais là ce qui me semblait un gadget de plus, un jouet pour jeunes. Mais, j’avoue que ça m’intriguait quand même. Alors, un jour, je demande au curé Jean Robillard à quoi sert ce ‘monstre’ dans le bureau… Pour la secrétaire? Lui? Juste un peu de traitement de texte, me disait-il, en me faisant une démonstration fascinante. Moi qui avait tant sué à écrire des centaines de pages à la machine à écrire, pour mes travaux universitaires et même dans mon stage à Ville Saint-Laurent, en gaspillant tant de papier à cause d’une erreur de frappe ou un paragraphe qu’il fallait rajouter ou enlever. Je n’étais pas vraiment fan d...

Des collaborations précieuses - 3 (47)

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  On les reconnaissait à leurs bagages. En effet, les animatrices de pastorale (assez rarement des hommes) au primaire (APSP) n’avaient généralement pas de local à elles, dans les écoles, et devaient, à chaque visite, transporter tout leur matériel d’animation. Comme elles s’adressaient aux enfants de 1 ère à 6 e année, l’aspect visuel s’avérait très important. Donc, d’immenses affiches, du matériel de bricolage, de grands livres avec plein d’images, des marionnettes, et j’en passe. Heureusement que dans certaines institutions, elles pouvaient se déposer un peu dans la salle des profs. Ces derniers appréciaient généralement beaucoup ces personnes qui, parfois, recevaient d’intimes confidences. Parmi le personnel de l’école, incluant les employés de soutien, plusieurs personnes profitaient de la présence de ces animatrices pour déposer une partie de leur fardeau et demander des prières. Mandatées par l’évêque, suite à un ensemble de cours obligatoires qui s’enrichissaient sans c...

Des collaborations précieuses -2 (46)

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  J’ai aimé l’école. Au primaire, j’ai vécu, de la part de certains jeunes –sans doute très souffrants dans leur cœur et dans leur tête- beaucoup de violence, psychologique et même physique. J’étais souvent premier de classe (pas tant par talent mais avec un travail acharné), suscitant sans doute de la jalousie; je portais des lunettes dès l’âge de 6 ans (sans commentaire!); ma mauvaise coordination yeux-mains me rendait nul aux sports de ballon (l’apprentissage d’un instrument de musique m’a aidé, à ce sujet, éventuellement); j’étais frêle, sinon malingre (et asthmatique, de surcroît), souvent malade au lit… Tout ce qu'il faut de matière à l'intimidation. Mais, malgré ce stress quotidien,  j’adorais apprendre. Mes professeurs m’ont beaucoup compris et soutenu et, malgré les souffrances infligées par certains pairs, je me sentais relativement heureux d’entrer à l’école. Paradoxalement, je fus élu président de classe plusieurs fois. Faut croire que certains m’appréciaient secrè...

Des collaborations précieuses (45)

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  Une activité formatrice et pédagogiquement ‘payante’ comme celle des camps demande, vous vous en doutez, de nombreux bénévoles. Je lève mon chapeau à toutes ces personnes avec qui j’ai eu la joie de travailler au long de mes décennies de ministère actif, particulièrement en pasto-jeunesse. Ces gens ont offert leur temps, leurs compétences, leurs plus belles qualités et, disons-le, de leur argent durement gagné, afin de soutenir la vie paroissiale dans ses différents volets. Pour prendre les camps en exemple, nous n’avions évidemment pas les moyens de louer un autobus, alors des parents nous offraient de transporter les jeunes et le matériel pour compléter ce que je pouvais moi-même mettre à la disposition du projet. Combien de fois j’ai demandé à ces paroissiens de me fournir des factures afin que nous remboursions leurs dépenses –incluant le gardiennage, dans certains cas, et la réponse s’avérait toujours la même : je suis heureux de le faire, voilà tout (même lorsque nous ...

Pas sortis du bois (44)

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  En sixième année à l’école René-Guénette (Montréal-Nord), mon professeur, M. Forgues, me choisit pour participer à un camp de cinq jours à Frelighsburg (Cantons-de-l’Est/Estrie) après la fin des classes. Devant mes bons résultats scolaires et mon double intérêt pour la nature et les sciences, ce camp de groupe devait me permettre de développer ces passions avec d’autres jeunes tout autant intéressés. Nous sommes partis en famille, un bon dimanche, visiter cet endroit situé tout près de la frontière américaine, et tout nous souriait dans ce projet : le lieu enchanteur comme le programme proposé, constitué d’expériences en forêt comme en laboratoire, conjugant recherche et créativité, sans oublier les temps de loisirs animés. Malheureusement, différents facteurs ont fait que je n’ai pu y participer, en fin de compte. Cela aurait été le premier camp de toute mon enfance (non, je n'ai pas fait partie des scouts dans ma jeunesse, mais beaucoup plus tard. Je vous raconterai, un jo...

«Me voici!» (Hors-série)

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(Avec ma mère; comme diacre, je porte la magnifique étole, en diagonale. Prêtée par mon curé Jean, il l'avait reçue de Mme France Hervieux, artisane spécialiste de cet art précieux. Je vous invite à visiter le site suivant qui nous fait connaître la fameuse ceinture dite 'de l'Assomption'. Sur la vidéo, vous y rencontrerez justement France, qui s'est beaucoup impliquée dans la paroisse avec son époux, Claude St-Jean, historien. https://traditionsvivantes.com/article/ceinture-flechee-a-lassomption/  ) Il y a 37 ans, le 20 janvier 1988, j’étais ordonné diacre transitoire par Mgr Cimichella, dans la magnifique chapelle du Grand Séminaire de Montréal, en même temps qu’un autre futur prêtre. Plusieurs ministères dit ‘mineurs’ (comme le lectorat) étaient aussi conférés à des confrères en cette soirée où la météo ne nous avait pas gâtés : gros verglas sur tout le sud du Québec. Malgré tout, l’immense vaisseau était rempli à pleine capacité de parents et d’amis, de paroissi...